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I-care fait sa plus grande acquisition avec les ultrasons de SDT International
Le champion wallon de la maintenance prédictive, I-care, rachète SDT International, basé à Forest, spécialiste de la détection des pannes par ultrasons. Sa plus grande acquisition à ce jour.
Les yeux et les oreilles. Façon de parler, mais voilà deux technologies à la fois belges et complémentaires, qui s’unissent. Le montois I-care, leader mondial de la maintenance prédictive, qui emploie plus de 950 personnes dans 16 pays du monde, met la main sur une entreprise bruxelloise cinquantenaire, méconnue en dehors de son secteur: SDT International.
Les yeux perçants et l’ouïe fine
Quelques dizaines de kilomètres à peine séparent les deux entreprises qui se sont rencontrées… au Texas. « C’est une anecdote que je raconte souvent, s’amuse Fabrice Brion, CEO d’I-care. Quand j’ai commencé ma carrière, je me suis rendu sur un salon au Texas où on m’a demandé si je voulais rencontrer le patron de SDT. Quelle chance! La marque était déjà connue à l’époque. Je m’attendais à voir débarquer un Texan avec ses bottes et son chapeau. Et à la place, me voilà face à un Belge de Nivelles! ». Ce Belge, André, étant le papa du CEO actuel.
SDT International détecte des sons à haute fréquence grâce à des capteurs, pour identifier des phénomènes d'impacts, de frictions, voire de turbulences.
I-care réalise ici sa plus grosse acquisition à ce jour. Que fait donc SDT, qui fête ses 50 ans en 2025? De la maintenance prédictive sur machines industrielles – tout comme l’entreprise montoise – mais par une technique différente. L’entreprise basée à Forest utilise les ultrasons (à une fréquence de 38 kHz, pour les avertis, là où l’oreille humaine entend jusqu’à 16kHz pour les plus chanceux) afin d’écouter les dysfonctionnements potentiels sur les appareillages industriels.
Détecter plus de pannes, sur plus de machines
« Nous collectons des paramètres de machines. Là où I-care excelle dans la collecte de données vibratoires (avec son dispositif I-see, NDLR), nous détectons plutôt des sons à haute fréquence grâce à des capteurs – pour identifier des phénomènes d’impacts, de frictions, voire de turbulences. Le but reste le même: éviter un maximum de pannes sur un maximum de machines, et augmenter leur durée de vie », explique Benoit Degraeve, CEO de SDT International, petit-fils du fondateur, dont l’entreprise réalise environ 10% du chiffre d’affaires d’I-care.
Ils ne donneront pas plus de précisions – mais selon nos estimations, on tourne autour des dix millions d’euros de revenus annuels. SDT compte une équipe d’une petite quarantaine de personnes.
« SDT », cela veut dire quoi?
SDT International. Que signifie donc le nom de cette entreprise méconnue – de nous, en tout cas? Sound Detection technology? Nous tentons la question auprès de son CEO. Réponse de Benoit Degraeve, « Bien essayé, mais non, pas du tout. En 1975, après le choc pétrolier, mes grands-parents avaient tout perdu. Mon grand-père vivait d’activités parallèles aux stations services.
SDT, c’est donc un acronyme que mon grand-père a choisi comme nom pour sa nouvelle entreprise quand il s’est relancé, en guise d’excuses auprès de son épouse, pour les quelques mois difficiles qu’ils ont dû traverser à l’époque ». SDT signifie donc Simone Degraeve Tielens.
Les raisons du rachat
N’y a-t-il donc aucune redondance entre les deux sociétés? « Des petites zones grises, comme partout, répond Fabrice Brion, mais nous sommes essentiellement complémentaires. I-care pourra travailler sur plus de machines qu’au préalable, notamment grâce au sans contact que permettent les ultrasons: mesurer à distance des défaillances sur des robots, par exemple. Ensuite, nous pourrons détecter plus de pannes, des fuites d’air comprimé, etc. »
Le rachat signifie ici un transfert complet de l’équipe, des savoir-faire, des brevets, et de la marque SDT, qui sera maintenue. « La marque est très connue dans le monde », assure Benoit Degraeve, qui raconte avoir été approché par de nombreuses sociétés candidates au rachat, « souvent américaines. Nous sommes donc fiers d’aboutir à un rapprochement qui maintient l’expertise en Europe, afin de devenir leader de la maintenance prédictive et des économies d’énergie ». Les deux réseaux de distribution aussi, seront mutualisés.
Un rachat était devenu inéluctable pour SDT? « Nécessaire, en tout cas. Nous atteignions une taille critique. Le secteur a beaucoup bougé ces dernières années, avec pas mal de consolidations. Nous étions trop petits pour réaliser les gigantesques investissements nécessaires dans le software. »
I-care assure pour sa part avoir déjà investi une trentaine de millions d’euros dans sa plateforme logicielle, et vouloir emmener SDT dans son train de croissance, +35% par an. « Pour la Belgique aussi, c’est une bonne nouvelle. Nous devenons un sérieux point sur la carte mondiale de l’industrie 4.0, et nous pouvons en être fiers », conclut Fabrice Brion.
Le résumé
Le leader mondial de la maintenace prédictive basé à Mons I-care rachète SDT International, une entreprise basée à Forest.
SDT utilise les ultrasons pour détecter les pannes, complémentant les technologies d’I-care, qui se renforce donc dans son secteur.
Le rachat inclut l’équipe, les brevets et la marque SDT. I-care vise une croissance de 35% par an pour SDT, alignée sur la croissance du groupe montois.